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Mon enfant me semble très inhibé

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Il y a de multiples raisons pour qu’un enfant soit inhibé. Ces raisons vont des circonstances de la vie (comme des problèmes familiaux) à un style d’éducation parentale, à une tristesse, jusqu’à des traits de caractère et de personnalité dits « introvertis » propres à l’enfant.

 

C’est quoi l’inhibition ?
Le plus souvent, l’inhibition est synonyme de timidité. L’enfant inhibé n’ose pas faire les choses en public. Il n’ose pas prendre la parole devant les autres ; il peut même paraître craintif ou apeuré quand on lui pose une question. L’inhibition traduit l’anxiété qui fige l’expression tant gestuelle que corporelle. L’inhibition peut s’accompagner d’un retrait social, l’enfant « préférant » rester seul.µ

Cela veut-il dire qu’une trop forte anxiété provoque l’inhibition ?
Effectivement, jusqu’à environ trois ans, trois ans et demi, l’inhibition peut traduire une forte anxiété de séparation d’avec sa famille, d’avec sa maman, d’avec le nid douillet familial. Si l’inhibition traduit une forte anxiété de séparation, cette inhibition apparaît donc forcément hors de la maison (à l’école par exemple). C’est en même temps, à cet âge, un phénomène normal qui contribue à construire la personnalité de l’enfant qui découvre, hors du nid familial, d’autres styles de personnalité, d’autres enfants avec qui jouer, interagir et communiquer.

Pour se rassurer, l’enfant peut donc avoir besoin de garder un objet transitionnel (doudou, peluche, jouet..) qui sert à apaiser l’anxiété de séparation. Il peut aussi éprouver le besoin, durant la journée de classe, ou journée hors de la maison, de sucer son pouce, pour s’auto-apaiser et « combattre » ainsi les moments d’anxiété de séparation.

 

L’inhibition peut-elle être sociale ?
Oui, et dès l’âge de trois ans, trois ans et demi, il y a des enfants qui se montrent anxieux, au moment des récréations et qui éprouvent un grand besoin d’avoir leur « nin-nin ». Cette anxiété s’observe également dans d’autres contextes sociaux (piscine, terrains de jeux, jardins publics).

 

L’inhibition peut elle résulter d’une forte pression sur les performances scolaires ?
Effectivement, l’inhibition peut aussi traduire ce que l’on appelle l’anxiété de performance. Un enfant de quatre ans, en Moyenne Section de Maternelle, peut se montrer « passif » pour dessiner car il sent que pour lui c’est difficile. Mais, c’est surtout vers cinq ans, que l’inhibition peut traduire une anxiété de performance. Cette forme d’inhibition est liée au sentiment de ne pas bien y arriver, avec la nécessité de rester « figé » pour ne pas faire d’erreur, pour ne pas se tromper et donc pour ne pas décevoir ceux qui ont misé très fort sur les potentialités d’apprentissages de l’enfant avec des projets de grandes réussites sociales et professionnelles. L’inhibition peut donc témoigner d’une trop forte pression ou attente tant parentale que scolaire quant aux performances scolaires, tout particulièrement en Grande Section de Maternelle quand l’enfant rentre dans les apprentissages fondamentaux (lire des étiquettes, mémoriser les comptines, écrire, compter).

 

Donc, à chaque âge, il y a des raisons pour se sentir anxieux et inhibé ?
C’est exact. L’enfant a besoin de ressentir différentes sortes d’anxiété pour mieux les expérimenter, les dépasser et construire sa personnalité, s’individualiser et se socialiser. Mais, l’inhibition devient pathologique quand elle dure trop et quand on s’aperçoit qu’elle freine le développement de l’enfant, trop bloqué pour apprendre, pour communiquer et pour prendre des initiatives pour découvrir le monde qui l'entoure.

 

Que faire alors dans ce cas ?
Vous pouvez contacter le psychologue scolaire (ou le médecin de l'enfant) qui saura apprécier s'il est nécessaire de consulter un pédopsychiatre pour qu’il examine l’enfant et pour qu’il discute avec vous. Le but étant d’essayer de comprendre d’où vient cette inhibition, quelle est son intensité et son retentissement sur les relations de l’enfant avec sa famille et les autres enfants de son âge. La consultation débouchera sur des conseils pratiques avec au besoin des avis complémentaires et une prise en charge adaptée (psychomotricité, psychothérapie…).