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Mon enfant a un trouble anxieux

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L’enfant peut éprouver de l’anxiété pour de multiples raisons ; le changement de ses habitudes, des évènements qui viennent modifier les relations parentales et familiales, des « exigences » scolaires, ou bien encore la simple expression de son tempérament qui le rend timide. L’enfant qui quitte son nid familial pour aller dans le grand bain social de l’école maternelle peut éprouver le « blues » de la maison et présenter ce que l’on appelle une anxiété de séparation d’avec sa famille et tout particulièrement sa maman. Il y a aussi des situations familiales douloureuses qui conduisent à rendre l’enfant craintif, apeuré et insécure sitôt confronté à une situation nouvelle. Parfois, l’anxiété face aux demandes scolaires peut amener l’enfant à développer ce que l’on appelle une « phobie scolaire ». Vu la multitude des facteurs susceptibles de déclencher les troubles anxieux chez l’enfant, on aborde ces troubles en dissociant les troubles anxieux dus à la séparation d’avec les figures d’attachement de l’enfant, des troubles dits réactionnels de l’attachement et de la phobie scolaire qui est une forme de phobie sociale. Ainsi dire que l’enfant est anxieux n’est pas suffisant, on doit en effet pouvoir préciser le type d’anxiété.

 

Quel a été le diagnostic ?
S’agit-il d’une anxiété de séparation ?
Dans ce cas un tel diagnostic repose sur les critères suivants : une anxiété excessive et inappropriée au stade de développement de l’enfant concernant la séparation d’avec la maison ou les personnes auxquelles l’enfant est attaché, comme en témoignent trois des manifestations suivantes :
- détresse excessive et récurrente dans les situations de séparation, ou en anticipation de telles situations,
- crainte excessive et persistante concernant la disparition ou l’absence des principales figures d’attachement,
- crainte excessive et persistante qu’un évènement malheureux ne vienne séparer l’enfant des ses principales figures d’attachement,
- réticence persistante ou refus récurrent d’aller à l’école en raison de la peur d’être séparé de l’une des principales figures d’attachement,
- réticence persistante ou refus d’aller dormir sans être à proximité de l’une des principales figures d’attachement,
- cauchemars à thème de séparation,
- plaintes somatiques (maux de tête, nausées…)
- durée du trouble : 4 semaines et plus,
- le trouble entraine des répercussions sociales et scolaires.
Au moment du diagnostic, on a du vous conseiller :
- une prise en charge psychothérapique de l’enfant,
- une prise en charge systémique.

S’agit-il d’un Trouble réactionnel de l’attachement ?
Le mode de relation de l’enfant est perturbé et inapproprié au stade de développement.
- Début avant cinq ans.
- Avec les manifestations suivantes :
- Incapacité à engager des interactions sociales ou à y répondre. Les réponses sont inadaptées, trop inhibées ou ambivalentes et contradictoires (vigilance glacée).
- Liens d’attachement diffus, sociabilité indifférenciée et une incapacité à faire preuve d’attachement sélectif (ex. : familiarité excessive avec les personnes étrangères).
- Non explicable par le retard mental, ni le Trouble Envahissant du développement.

S’agit-il d’une Anxiété (ou Phobie) sociale ?
Ce diagnostic est proposé quand on note une peur persistante et intense d’une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performances (en particulier scolaires) durant lesquelles l’enfant est en contact avec des gens non familiers ou quand il est exposé à l’observation attentive d’autrui (comme celle de l’enseignant). Le sujet craint d’agir de manière embarrassante. Chez les enfants, l’anxiété peut survenir en présence des autres enfants.

S’agit-il d’un Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) ?
Ce diagnostic est proposé quand il existe soit des obsessions soit des compulsions. Si l’adulte reconnaît le plus souvent le caractère excessif et irraisonné des obsessions ou compulsions, les enfants au contraire ne peuvent pas être « critiques » vis-à-vis de leur besoin irrépressible de se tortiller les cheveux, de se réciter les mêmes suites de chiffres, etc. On a tous, et l’enfant aussi, de petits rituels pour conjurer l’anxiété au moment d’un examen, d’un devoir (se gratter le nez, tortiller les cheveux, mastiquer…) mais ce qui rend ces comportements obsessionnels et compulsifs se sont leur association avec le sentiment de détresse qui fait que la personne est malheureuse de ces obsessions et compulsions qui entravent la vie quotidienne, sociale et scolaire.
Le diagnostic de TOC s’appuie sur la recherche des signes suivants :
Les obsessions définies par :
- Des pensées, impulsions récurrentes et persistantes qui peuvent être perçues par le sujet comme intrusives et inappropriées, sources d’anxiété ou de détresse importante.
- Les pensées, impulsions, sont disproportionnées par rapports aux préoccupations liées aux problèmes de la vie réelle.
- Le sujet fait des efforts pour les ignorer ou les réprimer.
- Le sujet reconnaît que les pensées, impulsions obsédantes proviennent de sa propre activité mentale (pas imposées par autrui ou l’extérieur).
Compulsions définies par :
- Des comportements répétitifs (lavage de mains, vérifier…) ou actes mentaux (compter, s’auto-répéter des mots…) que le sujet se sent poussé à accomplir
- Les comportements ou les actes mentaux sont destinés à neutraliser ou diminuer l’anxiété ou le sentiment de détresse.

 

Le diagnostic : sur quels examens ?
Le diagnostic de syndrome anxieux, et de ses différentes formes nécessite deux examens (au moins) spécialisés :
- Un bilan psychologique : tests de QI et de personnalité.
- Un examen pédopsychiatrique pour écarter un trouble de la personnalité de type schizophrénique, un Trouble Envahissant du Développement (où les obsessions, compulsions sont souvent utilisées pour conjurer l’anxiété face à l’imprévu ou la nouveauté).
- Un syndrome neurologique ou une maladie neurogénétique (tel le syndrome de Rett, syndrome de Gilles de la Tourette, syndrome d’X fra)

 

Quelles prises en charge et quels types d’aménagements scolaires ?
- Un soutien psychothérapique (individuel ou en petit groupe) ou prise en charge cognitivo-comportementale selon le type d’anxiété diagnostiqué.
- Un traitement anxiolytique sur l’avis du médecin pédopsychiatre.
- Une guidance parentale ou psychothérapies systémiques.
A l’école, l’enfant anxieux a principalement besoin de sentir autour de lui une ambiance rassurante, sécurisante et apaisante. On évitera de le stigmatiser en le poussant à prendre la parole en public ou de le mettre en situation d’observé. Lui proposer un soutien individualisé (comme une AVS) peut renforcer la stigmatisation et le mal être.