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Mon enfant a une dyslexie

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Contrairement au langage oral qui peut s’acquérir aux contacts de ses pairs, la lecture est considérée comme un acte « non-naturel » dont l’acquisition ne peut pas se réaliser sans instructions formelles. On n’apprend pas « naturellement » à lire.
L’acquisition de la lecture se déroule en trois stades successifs et débute par le stade logographique. Chaque stade définit la stratégie que l’enfant utilise, au stade logographique, c’est la stratégie logographique, ou visuelle, qui prévaut. L’enfant lit, ou reconnaît les mots écrits comme des étiquettes visuelles (« Montagne » lu « Montargis » parce que l’enfant habite cette ville et a vu plusieurs fois le panneau). La stratégie logographique permet à l’enfant de se constituer un vocabulaire visuel de mots, qui resterait toutefois limité. Pour pouvoir lire des mots moins familier sans erreur, l’enfant doit apprendre les correspondances qui existent entre les lettres et les sons. Ainsi les utilisateurs de la stratégie logographique seraient essentiellement les enfants qui vers six ans ne connaîtraient pas ou peu les correspondances lettressons, alors que les enfants qui, au même âge, connaissent certaines de ces correspondances n’utiliseraient pas, ou plus, cette stratégie.
Le stade alphabétique se définit par l’utilisation de la stratégie alphabétique qui permet d’identifier les mots à partir des correspondances qui existent entre les lettres et les sons (la lettre « o » correspond au son /o/), et celles qui existent entre les graphèmes et les phonèmes (les graphies « o, au, eau, aux » correspondent au même phonème /o/). Par cette stratégie analytique qui oblige à segmenter le mot écrit, l’enfant peut lire quelques pseudo-mots, et va lire les mots comme ils s’entendent. Les erreurs de lecture sont phonologiques.
Le stade orthographique est le dernier stade du développement de la lecture. La lecture est alors dite « habile ». L’enfant à ce stade est capable de « localiser » dans un mot écrit une syllabe, par exemple « tion », commune à d’autres mots et qui se prononce quasiment toujours de la même manière. A ce stade, l’enfant lit correctement des mots dont la prononciation est irrégulière, tels que femme, tabac, faim, aout, et porc par exemple. Face à de tels mots, un enfant qui utilise une stratégie alphabétique fera des erreurs de régularisation et dénommera ces mots /fem/, /tabak/, /a-ou-t/, /por-k/, alors qu’un enfant qui utilise une stratégie logographique fera plutôt des erreurs visuelles et lira « femme » –> « ferme », « tabac » –> « table », « porc » –> « parc ”.

 

Quels sont les critères de diagnostic ?
Le diagnostic de dyslexie, appelée encore retard spécifique d’acquisition en lecture, repose sur les critères suivants :
- Les réalisations en lecture, évaluées par des tests standardisés passés de façon individuelle mesurant l’exactitude (déchiffrage) et la compréhension de la lecture, sont nettement en dessous du niveau escompté compte tenu de l’âge de l'enfant, de son niveau intellectuel et d’un enseignement approprié à son âge.
- Les difficultés interfèrent de façon significative avec la réussite scolaire ou les activités de la vie courante faisant appel à la lecture.
- S’il existe un déficit sensoriel, les difficultés en lecture dépassent celles habituellement associées au déficit sensoriel.

 

Il existe différents types de dyslexie de développement
- La dyslexie dyséïdétique : appelée encore dyslexie de surface ou visuo-attentionnelle.
Elle se caractérise par un profil opposé à celui de la dyslexie dysphonétique ou phonologique : la lecture de pseudo-mots n’est pas altérée, mais il existe un trouble sélectif pour la lecture des mots irréguliers qui sont le plus souvent régularisés (sous réserve que les pseudo-mots et mots réguliers aient la même « longueur » ou même nombre de lettres (ex : « Richol » lu « Oignon »). La dysorthographie se manifeste par des erreurs qui ne respectent pas les règles de l’orthographe des mots. Les erreurs témoignent le plus souvent d’une sur-utilisation des correspondances lettres-sons (ex « oignon » écrit sous dictée « wou-a-ni-on »). Les enfants présentant une dyslexie de surface ou visuo-attentionnelle n’ont généralement pas de troubles associés du langage oral. Leur langage oral s’est développé normalement. Ils ont une bonne mémoire phonologique à court terme et de bonnes habiletés métaphonologiques. Les difficultés associées sont le plus souvent d’ordre visuo-spatial ou visuo-attentionnel, lors des changements de lignes lors de la lecture d’un texte. Face à des mots « longs », constitués d’un nombre importants de lettres (ex : « électricité, supplémentaire »…), des omissions de lettres et des permutations de lettres sont généralement observées et traduisent ce défaut d’exploration visuo-spatiale.

La dyslexie phonologique (ou dyslexie dysphonétique) est la forme la plus fréquente (70 % environ des dyslexies) qui se caractérise par un trouble sélectif de la lecture des mots peu communs ou des mots inventés appelés pseudo-mots qui nécessitent de mettre en correspondance les lettres (graphies) et les sons (phonèmes). La difficulté à lire de tels mots (ex : « raulière, chamouval ») contraste avec la lecture possible de mots très fréquents (ex : « école, avec ») et des mots irréguliers (comme « monsieur, femme ») . Cette forme de dyslexie s’associe à une difficulté importante en orthographe et s’observe souvent chez des enfants qui ont présenté plus jeunes (à la période préscolaire) des difficultés de parole et de langage oral appelés troubles phonologiques.

 

Le diagnostic : sur quels examens ?
Le diagnostic de dyslexie nécessite plusieurs examens spécialisés :
- Un bilan ophtalmologique.
- Un bilan psychologique : tests de QI verbal et non verbal.
- Un bilan orthophonique (langage oral et langage écrit).
- Un examen médical neuropédiatrique : pour rechercher aussi les causes et/ou les éventuels problèmes associés :

  • une épilepsie,
  • un traumatisme crânien,
  • une dyspraxie visuo-spatiale,
  • un syndrome TDA-H,
  • des difficultés de parole et de langage oral.

 

Quelles prises en charge et quels types d’aménagements scolaires ?
- Une prise en charge orthophonique adaptée au type de dyslexie :
Pour la dyslexie visuo-attentionnelle : travail sur l’attention visuelle : exercices et jeux d’exploration visuelle ; repérage de cibles parmi des « distracteurs » sur une feuille, indiçage des marges, sauts de lignes, des premières lettres ou syllabe d’un mot, etc.
Pour la dyslexie phonologique : travail sur la phonologie, décodage lettre-son, exercices de conscience phonologique, d’identification, élision de rimes, de syllabes et phonèmes, exercice de mémoire verbale à court terme, méthode mimo-gestuelle.
- Aménagements scolaires (AVS,SESSAD) pour aider l’enfant dans la compréhension des énoncés écrits et les difficultés d’orthographe. Préférer la lecture silencieuse à la lecture à haute voix, simplifier les consignes si la mémoire verbale à court terme paraît limitée.
- Le contact avec les associations :
www.apedys.org

www.apeda-france.com